Soyons
francs, sans St Germain, la scène électronique française ne serait
pas ce qu'elle est. Bien avant Daft Punk, Air et les autres, Ludovic
Navarre (alias Saint-Germain) fut un des précurseurs de la techno
en France.
À l'aube des années 90, aux côtés d'un certain Laurent Garnier et
de Eric Morand, il signait des cavalcades électroniques sur feu
le label FNAC Music, sous différents noms n'emprunts (Sub System,
Deep Contest, Deepside, L'n'S, Snoofle ou Modus Vivendi).
Naturellement, Ludovic a intégré dès
le départ le pool musical F-Com où il a donné vie à St Germain avec
un premier maxi single, "French Traxx"
: un solide morceau de house music, extrêmement pointu et digne
des meilleures productions américaines.
Ce groove irrésistible, entremêlé avec de belles nappes sonores
éthérées, deviendra la véritable marque de fabrique de St Germain
sur l'album suivant, "Boulevard", un disque-passeport avec
lequel Ludovic va ouvrir les frontières et permettra à la scène
électronique française de conquérir la planète entière.
Unanime et dithyrambique, la presse
internationale a fait de "Boulevard"
un des meilleurs disques house de l'année 1995, mais Ludovic Navarre
n'a pas attrapé la grosse tête pour autant.
Au contraire, il préfère mettre en avant sa simplicité, invoque
la chance dans sa réussite et prend ses distances avec la déferlante
électronique française : une véritable âme de pionnier en quelque
sorte, un type fâché avec la surenchère médiatique.
D'ailleurs, il prendra cinq ans pour
livrer le deuxième album de St Germain. Cinq années de réflexions
et d'expérimentations où Ludovic va s'immerger dans le jazz Blue
Note pour s'imprégner d'une nouvelle façon d'écrire, capturer le
juste esprit et l'humilité de la musique noire américaine.
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Le résultat de ses recherches
musicales va déboucher sur un des meilleurs disques de l'an 2000,
"Tourist". À 30 ans, St Germain bluffe tout le monde, prend
à contre-pied la " French Touch
" avec une jazz-house impeccable, à la fois minutieusement mitonnée
de sons électroniques et baignée d'une chaleur instrumentale réconfortante.
Premier disque d'un genre nouveau,
"Tourist" rend hommage au Paris
multicolore et nuance les climats pour éviter l'uniformité. Aux
États-Unis, la critique et le public restent bouche bée devant cet
assortiment inédit. En un rien de temps, St Germain tourne en boucle
sur les radios outre-Atlantique et propulse le single "Rose Rouge"
en haut des charts.
En fin d'année dernière, St Germain
a pu mesurer son succès américain dans une tournée en formation
quintette (Edouard Labor à la flûte et au saxophone, Claudio De
Qeiroz au sax baryton, Pascal Ohse à la trompette et Idrissa Diop
aux drum-machines) à travers le nouveau continent. Une totale réussite.
D'Ouest en Est, St Germain a affirmé
sa dimension internationale à Los Angeles, San Francisco, Chicago
et New York City. Il est actuellement en tournée en Australie et
sa dernière video 'Sure Thing' claironne en ce moment sur
les antennes de MTV.
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